La fraude au faux fournisseur consiste à se faire passer pour un fournisseur habituel afin de détourner ses paiements : un message annonce un « changement de coordonnées bancaires », la comptabilité met la fiche à jour, et le règlement suivant part sur le compte de l'escroc. Le vrai fournisseur ne s'en aperçoit qu'en relançant sa facture impayée, souvent des semaines plus tard. Ce guide s'adresse à ceux qui traitent les paiements : reconnaître l'attaque, contrôler le document reçu, et surtout appliquer la procédure qui la neutralise.
Le fraudeur commence par se renseigner : qui sont vos fournisseurs, qui traite les factures chez vous, quand tombent les échéances. Sites web, appels d'offres, réseaux professionnels et, de plus en plus souvent, une boîte mail compromise chez le fournisseur lui-même fournissent tout cela.
Vient ensuite l'usurpation. Dans la version la plus simple, le message part d'un domaine sosie — une lettre doublée, un .co à la place d'un .com, un tiret ajouté. Dans la version la plus dangereuse, il part de la vraie boîte mail du fournisseur, piratée, en réponse à un échange réel : l'expéditeur, le fil, la signature, tout est authentique. Seul le RIB ne l'est pas.
Le déclencheur est un prétexte banal : changement de banque, fusion, réorganisation comptable, « suite à un contrôle ». Un RIB est joint, parfois une facture. Puis vient la pression : un rappel téléphonique, une échéance proche, une remise si le paiement est rapide. La fraude au faux RIB est le volet documentaire de ce scénario ; la « fraude au président », où l'ordre de virement urgent vient d'un prétendu dirigeant, en est la cousine.
Aucun de ces indices ne prouve la fraude ; un seul suffit à déclencher la vérification décrite plus bas.
Le document est le seul élément tangible que vous tenez. Trois contrôles se font en quelques minutes :
Aucun contrôle du document ne peut établir à qui appartient le compte. Une seule chose le peut : demander au fournisseur, par un canal que le fraudeur ne contrôle pas.
Rappelez à un numéro que vous possédiez déjà — contrat, ancienne facture, fiche fournisseur, site officiel — jamais celui du message ni celui imprimé sur le RIB reçu. Parlez à une personne que vous connaissez, ou à défaut au service comptable, et faites-lui lire l'IBAN. Si la boîte mail du fournisseur est compromise, c'est aussi ainsi qu'il l'apprendra.
Inscrivez ce rappel dans une procédure : tout changement de coordonnées bancaires est validé par deux personnes, après confirmation téléphonique tracée, et le premier paiement vers un nouveau compte attend ce feu vert quelle que soit l'urgence invoquée. L'urgence est l'outil du fraudeur ; la procédure est le vôtre.
Depuis le 9 octobre 2025, les banques de la zone euro vérifient la concordance entre le nom du bénéficiaire saisi et le titulaire de l'IBAN avant d'exécuter un virement. C'est un filet supplémentaire, pas une raison de sauter le rappel : le compte frauduleux est souvent ouvert sous un nom proche de celui du fournisseur, ou au nom d'une société écran.
Chaque heure compte : les fonds sont généralement retirés ou renvoyés à l'étranger en quelques heures ou quelques jours.
TrustyFile vérifie le document : clé de l'IBAN, cohérence des identifiants d'entreprise (SIRET, TVA), traces de retouche, révisions, texte recouvert. Il repère le RIB fabriqué ou modifié, cas le plus fréquent. Il ne peut pas savoir à qui appartient un compte parfaitement réel : ce dernier maillon reste le coup de téléphone — et il n'est pas remplaçable.
Vérifiez gratuitement la clé de contrôle d'un IBAN (mod 97), sa longueur selon le pays et la clé RIB d'un IBAN français. Le calcul reste dans votre navigateur.
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