Mis à jour le 13 août 2026
La fraude au faux RIB est l'une des plus coûteuses qui soient : un fournisseur annonce un « changement de coordonnées bancaires », le virement part vers le compte de l'escroc, et l'on s'en aperçoit des semaines plus tard, quand le vrai fournisseur relance. Le document envoyé est souvent authentique à un détail près : l'IBAN.
L'attaque prend trois formes principales : un e-mail imitant le fournisseur avec un RIB frauduleux en pièce jointe ; une boîte mail réellement compromise, d'où part un message parfaitement crédible ; ou une facture authentique interceptée puis renvoyée avec le seul IBAN modifié.
Dans les trois cas, le fichier joint est le point de contrôle : c'est souvent un vrai document dont un seul champ a été retouché, et cette retouche localisée est détectable.
Un IBAN embarque sa propre somme de contrôle : les deux chiffres après « FR » se calculent à partir du reste du numéro (modulo 97), sans réseau ni base de données. Un IBAN modifié à la main — un chiffre changé pour ressembler à l'original — échoue presque toujours ce test. La clé RIB, en fin de numéro, offre le même contrôle au format français.
Attention au sens de ce test : une clé fausse condamne le document, mais une clé valide ne l'innocente pas. Les fraudeurs ouvrent de vrais comptes, avec de vrais IBAN parfaitement valides.
Dans un IBAN français, les cinq chiffres qui suivent la clé identifient la banque, les cinq suivants le guichet. Un RIB qui affiche le logo d'une banque mais dont le code établissement appartient à une autre — souvent un établissement de paiement en ligne — se contredit lui-même. Le BIC, quand il est imprimé, doit désigner le même établissement.
Un IBAN étranger pour un fournisseur français n'est pas une preuve de fraude, mais c'est un signal qui justifie à lui seul une vérification téléphonique.
Quand le RIB frauduleux est une facture ou un RIB authentique modifié, les indices sont ceux décrits dans le guide sur les factures falsifiées — concentrés sur la ligne de l'IBAN :
Depuis fin 2025, les banques européennes doivent vérifier la concordance entre le nom du bénéficiaire et l'IBAN au moment du virement (« vérification du bénéficiaire »). C'est un filet supplémentaire, pas une raison de baisser la garde : l'alerte arrive au moment du paiement, pas au moment où la décision se prend.
La règle d'or ne change pas : tout changement de coordonnées bancaires se confirme par téléphone, sur un numéro que vous possédiez déjà — jamais celui du message qui annonce le changement, ni celui imprimé sur le RIB suspect.
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